Le Oui à 49,4% comme au Québec en 1995, mais…

Un partisan de l'indépendance agitant l'estelada, drapeau des indépendantistes.  (Photo: La Cavale - OAM)

Un partisan de l’indépendance agitant l’estelada, drapeau des indépendantistes. (Photo: La Cavale – OAM)

L’indépendance séduit presque la moitié de la population catalane. Même si l’option indépendantiste n’est pas majoritaire, le gouvernement espagnol conteste la consultation participative sans valeur légale du 9 novembre.

Selon le plus récent coup de sonde du Centre d’Estudis d’opinio, 49,4% des Catalans voteront en faveur de l’indépendance le 9 novembre, ce qui est exactement le résultat du Oui au Québec en 1995. Mais cela ne veut pas dire que le Non l’emportera, au contraire.

Les amants du statu quo ne représentent que 19,7% de la population. Ils sont 12,6% à souhaiter que la Catalogne bénéficie de pouvoirs accrus tout en demeurant au sein de l’Espagne*.

Pourquoi tant de subtilités dans les intentions de vote? C’est parce que le bulletin de vote du 9 novembre comprendra deux questions.

La première : Souhaitez-vous que la Catalogne devienne un État ?

La deuxième : Si oui, souhaitez-vous que cet état soit indépendant ?

Un long chemin à parcourir

Les partisans de l’indépendance totale (appelés les si-si, ceux qui répondent oui aux deux questions) sont presque majoritaires, mais ils ont encore du chemin à faire avant d’obtenir un pays.

D’abord, ils devront séduire une plus vaste portion de l’électorat. Ensuite, ils devront gagner leur combat face à un gouvernement espagnol peu collaboratif.

Jeudi, le conseil d’État espagnol a estimé que le vote du 9 novembre n’était pas légal. La question sera débattue aujourd’hui (vendredi) par le Conseil des ministres et, s’il partage ce point de vue, le Tribunal constitutionnel sera saisi du dossier.

Le Tribunal constitutionnel a déjà suspendu, fin septembre, un décret prévoyant une consultation sans valeur légale organisée par le gouvernement catalan. La réaction du président catalan Artur Mas a été de maintenir la consultation en la faisant organiser par des bénévoles, une façon de contourner l’interdiction.

Or, le gouvernement espagnol plaide que «cette consultation ne respecte pas les conditions démocratiques».

Il dénonce l’absence de liste électorale (note de La Cavale : en faisant interdire la première forme de consultation, il a refusé de fournir la liste électorale au gouvernement catalan), l’absence de loi encadrant la consultation (NDLC : c’est lui qui a demandé au Tribunal constitutionnel de suspendre la loi encadrant la première version de la consultation) et l’absence de commission de contrôle du vote.

Les indépendantistes à qui j’ai parlé sont déterminés à voter le 9 novembre. Certains d’entre eux ont déjà imprimé leur bulletin de vote pour s’assurer que, peu importe la décision du Tribunal constitutionnel, ils puissent enregistrer leur appui à la souveraineté de leur région, économiquement puissante, du Nord-Est de l’Espagne.

*Il y a 7% d’indécis et 6,9% d’abstention.

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