9 novembre : une consultation anticipée avant la consultation définitive

Artur Mas, président catalan. (crédit : periodistadigital.com)

Artur Mas, président catalan. (crédit : periodistadigital.com)

En territoires légaux troubles, Artur Mas a fait un pas en arrière, mais continue d’avancer. Le président catalan, incapable d’obtenir un accord avec le gouvernement espagnol, s’est résigné à convoquer une consultation sans valeur légale le 9 novembre, une répétition en vue d’une éventuelle «consultation définitive».

Un texte d’Olivier Arbour-Masse

L’appel aux urnes dans moins de quatre semaines, prévu depuis de longs mois, est donc maintenu dans une version symbolique pour se conformer à l’interdiction par le gouvernement espagnol de voter sur la question de l’indépendance.

L’objectif d’Artur Mas : obtenir une participation significative et un vote indépendantiste fort. Ainsi, il pourrait être tenté de précipiter les élections régionales qui deviendraient des élections consacrées à l’indépendance avec, d’un côté, les partis indépendantistes et, de l’autre, les partis pro-Espagne.

Le président espagnol Mariano Rajoy s’est réjoui de l’abandon de la consultation officielle. Selon lui, la souveraineté nationale relève de l’ensemble de la population espagnole.

«Nous avons besoin de vous»

«L’État espagnol s’inquiète de deux choses : une grande participation au vote du 9 novembre et une élection à saveur référendaire», a déclaré Artur Mas.

«Plus que jamais, nous avons besoin de vous», a-t-il poursuivi, conscient que les Catalans pourraient être tentés de bouder un vote sans poids légal.

Pour l’instant, le président catalan compte exercer son mandat de quatre ans en totalité, soit jusqu’en 2016, mais admet que les circonstances pourraient l’inciter à déclencher des élections anticipées.

Lundi, la consultation était annulée

Cette annonce survient au lendemain d’une réunion des partis indépendantistes de laquelle avait émané l’annulation de la consultation du 9 novembre.

Le président de la Catalogne a reconnu qu’il n’existait plus de consensus chez ces partis sur la façon de réagir face à l’interdiction temporaire par le tribunal constitutionnel d’organiser une consultation le 9 novembre. L’Espagne est indissoluble selon sa constitution et la cour avait donc suspendu la décision du gouvernement catalan de tenir un vote sur l’indépendance.

Artur Mas n’a pas insisté sur les dissensions dans le clan indépendantiste. «L’ennemi, c’est l’État espagnol, qui fait tout pour les Catalans ne puissent pas être consultés.»

Le principal parti d’opposition, l’ERC (gauche républicaine indépendantiste), soutient l’initiative d’Artur Mas et affirme que la déclaration unilatérale d’indépendance est la prochaine étape après des élections régionales.

Sentiment indépendantiste croissant

Les Catalans sont de plus en plus nombreux à partager des visées indépendantistes depuis 2010 quand la région a perdu une partie de son statut d’autonomie. Le Tribunal constitutionnel, à la demande du Parti populaire espagnol désormais au pouvoir, avait alors invalidé des privilèges accordés à la Catalogne en 2006, dont le statut de nation.

Depuis ce temps, le sentiment nationaliste, doublé d’un ressentiment envers l’Espagne, s’est accentué. D’autant plus qu’économiquement, la Catalogne est une des vaches à lait d’une Espagne moribonde, durement frappée par la crise économique.

Le 11 septembre dernier, jour de la fête nationale, 1,8 millions de Catalans ont défilé dans les rues de Barcelone pour réclamer la tenue d’un référendum.

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